Serafino Malaguarnera - Psychologue, Psychanalyste, Psychothérapeute à Bruxelles

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Acte

L’acte désigne la réalisation d’une pensée. Dans la tradition occidentale, l’acte a été pensé essentiellement sous deux formes différentes.

-Pour la première vision, qui relève surtout de la tradition philosophique, l’accent est mis sur le concept d’accomplissement en jouant sur les deux significations du terme : ce qui est terminé et ce qui est complet. L’acte, pour être tel, doit donc, en s’accomplissant, pouvoir atteindre la réussite attendue ; faute de quoi il ne pourra être appelé un vrai acte. Cela implique essentiellement deux choses : l’essence du vrai acte est d’être parfait et il ne contient pas en soi la conception du risque. L’imperfection ne peut parvenir que de la contingence par la faute de laquelle l’acte n’est plus un acte vrai, mais une forme dégradée de l’acte, se réduisant donc à être du non-acte. Cette conception de l’acte remonte à Aristote, qui a continué de régir la pensée philosophique sur l’acte. Chez ce philosophe, en effet, l’acte a vocation naturelle à la perfection qui est celle de la pensée abstraite. L’acte normal renvoie à la norme de l’acte, qui est celle d’être la manifestation de l’être, l’actualisation d’une puissance ou, en termes aristotéliciens, le passage de la puissance à l’acte. Dans la pensée post-aristotélicienne, avec Saint Augustin et le thème de l’intention, avec Descartes et le cogito, avec Kant et les formes à priori de l’entendement et de la sensibilité, le contenu de l’acte a été dans une certaine mesure modifié mais non sa structure générale. Ce qui est de l’ordre de l’être est alors précisément devenu ce qu’on nomme le sujet. Dans le passage de la puissance à l’acte, ce qui était la manifestation de l’être s’est converti en la réalisation du projet du sujet. Dans les deux cas, ce qui prédétermine complètement l’acte, c’est ce que nous nommons le pré-acte : puissance ou projet. Dans cette optique, qu’il s’agisse du sujet ou de l’être, il faut absolument séparer le risque et l’acte, ne pas faire du risque une propriété intrinsèque de l’acte.

-Pour la deuxième vision, qui relève surtout de la tradition populaire, la signification donnée au concept d’accomplissement ne joue que sur une seule signification du terme : ce qui est terminé, et l’autre signification « ce qui est complet » n’est pas prise en compte. Dans cette acception, l’acte ne vise pas à la complétude, à la perfection : l’acte, pour être tel, ne doit donc pas nécessairement atteindre la réussite attendue. Cela implique essentiellement deux choses : la perfection n’est plus l’essence même du vrai acte et il doit nécessairement contenir en soi la conception du risque. La première vision vise à une complétude de l’être, l’autre en dénonce l’incomplétude.

Selon Lacan, la psychanalyse permet d’élucider la question de l’acte. L’acte vise en effet à la complétude de l’être. En revanche, l’accomplissement de l’acte montre de fait sa structure qui se situe du côté de l’incomplétude. En accomplissant un acte, le sujet doit se résigner aux effets imprévisibles que l’acte entraîne. Ainsi, l’acte fait ressortir l’incomplétude intrinsèque de l’être, sa division que la psychanalyse thématise sous le concept de « castration ». (1)

 

 


1. Lacan J. Le Séminaire XV. L’acte psychanalytique. Séminaire inédit.

 


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